L’agriculture écologique intensive

14-10-2017

L’agriculture écologique intensive

Le concept de l’agriculture écologique intensive (AEI) a été mis en place au cour du grenelle de l’environnement en 2007 autour d’une réflexion consacrée à la “révolution doublement verte”. Michel Griffon en 2013  en fait sa propre interprétation dans son livre Qu’est ce que l’agriculture écologique intensive. L’AEI se définit comme l’alliance d’une production intensive tout en préservant la qualité de l’environnement. Les mécanismes naturels pourraient être multipliés pour devenir dominants à terme.

Le concept de l’AEI connaît un fort écho dans le monde politique. L’ancien ministre de l’agriculture Stéphane Le foll en avait fait une de ses priorités. Tout simplement, l’AEI peut se définir de la manière suivante : il n’existe pas d’incompatibilités entre performance technique, productivité, performance environnementale et écologique.

Un succès croissant auprès des agriculteurs

“La dernière enquête BVA présentée le 19 avril 2017 (…) sur la perception de l’agro-écologie par les agriculteurs, confirme que celle-ci s’inscrit comme une orientation de fond de l’agriculture française. Cette année 2016 a été l’occasion de mobiliser le grand public et la société civile, à l’image du Conseil Économique Social et Environnemental qui (…) se positionne en faveur de la transition agro-écologique.”

Source : Agriculture gouv

Plusieurs évènements ont contribués au cours de l’année 2016 à faire connaître le concept d’AEI, comme la toute première édition de “la nuit de l’agro-écologie” par exemple. De plus, le nombre de GIEE ont connu une fort augmentation au cours de l’année : plus de 5000 exploitants engagés dans l’un des 340 GIEE qui a pour but de mettre en place des pratiques agro-écologiques. L’année aura été également marquée par le plan Ecophyto II et le début des projets dits des “3000”. Le concept est le suivant: diffuser dans 3000 exploitations les  les enseignements tirés par 3000 fermes du réseau DEPHY reconnues pour leurs productions à faible niveau de produits phytosanitaires.

Par ailleurs, depuis 2014, les lycées agricoles sont au coeur du projet de l’agro-écologie “Enseigner à produire autrement” délivré par le ministère de l’agriculture. Enfin, l’année 2016 aura été marquée par la mise en place dans chaque région d’une commission agro-écologique ayant pour but  la mise en cohérence les différents dispositifs contribuant à l’accompagnement et au développement du projet agro-écologique.

Des solutions techniques simples et efficaces

Il existe de nombreuses solutions pour commencer à s’inscrire dans une démarche AEI.

  • Associer deux variétés de colza dont 5% d’une variété précoce est supprimé au profit de l’autre. Le but est de lutter contre les méligèthes tout en n’utilisant pas d’insecticides.
  • Utiliser la technique de l’agroforesterie : associer la culture avec les arbres
  • Associer des espèces végétales entre deux cultures pendant l’hiver (meilleur qualité du sol, l’azote est absorbé)
  • Conception d’unités optimales de maraîchage en permaculture (adaptation des semences)
  • Evaluation du bien être animale à l’aide des applications (webcam) pour rétablir la confiance entre le producteur et le consommateur.
  • Utilisation de robots connectés désherbants
  • Associer le lin à l’élevage: diminution de 30% des gaz à effet de serre
  • Conception d’une filière soja en France
  • Rationner l’utilisation d’engrais selon le potentiel agronomique des sols. L’objectif est d’évaluer le potentiel optimal d’une surface et d’adapter la technique de culture avec le potentiel agronomique du sol.

L’AEI se présente comme une réelle perspective d’avenir pour l’agriculture qui se voit scindée entre agriculture biologique et conventionnelle. Il faut donc prendre le meilleur de chaque types d’agricultures pour mettre en place une nouvelle agriculture qui pourra nourrir une population de 10 milliards d’habitants tout en préservant l’environnement.

L’objectif à terme de l’AEI est de remettre la France en production autosuffisante. La clef réside dans le fait de produire mieux et autrement (se différencier avec nos pays voisins) et d’arrêter de produire à perte et à moindre prix. Si l’on se dirige vers ce mode de production alimentaire et social, la production française devrait passer de 74 à 110 milliards d’euros en 10 ans.

Enfin l’AEI a pour objectif d’harmoniser et d’apaiser les relations entre transformateurs, agriculteurs et distributeurs. Il faut oublier le modèle du “chacun pour soi” et créer de la valeur de manière collective pour rétablir la confiance entre le consommateur et l’agriculteur. “La richesse naît toujours d’une ouverture à l’autre et rarement d’un enfermement sur soi”.

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